|
|
|
JOURNAL
DE BORD D’UNE TRADUCTION
Une
traduction empoisonnée… Août '96 Je
suis en vacances dans l’Aveyron. Ma grand-mère vient de mourir et voilà que
quelques semaines après son décès j'entends sur mon répondeur, consulté à
distance, une proposition des Editions X pour l'éventuelle traduction d'un
roman anglais intitulé... Conversation
avec les morts. Ayant
déjà eu la surprise en '95 de me voir confier une traduction intitulée Rouge
à lèvres sur l'hostie, trois jours après avoir brûlé un cierge pour
demander de toute urgence là-haut une traduction ici-bas sous peine de finir
plus bas encore, je n'en suis pas à une surprise surnaturelle de plus, mais
tout de même. J'y
vois en tout cas un signe plutôt encourageant, une confirmation de mes bonnes
relations avec l'au-delà qui constituent un appui non négligeable en ces temps
difficiles. Septembre
'96 De retour à Bruxelles
je prends connaissance de l'échantillon, qui me glace un peu tant il évoque
avec une triste précision des détails post mortem dont je me serais bien
dispensée à ce stade-ci de mon deuil. Je
reçois en retour les commentaires de la charmante personne chargée des
traductions dans cette vénérable maison : "Un premier chapitre ne
peut jamais être parfait tant que l'on n'a pas traduit la totalité d'un livre,
mais dans l'ensemble c'est vraiment très bien, vous avez su rendre l'atmosphère
et la finesse du style" ou quelque chose d'approchant. S'ensuivent
les subtiles tractations d'usage, où d'un côté "l'on" reconnaît
que ce livre est éminemment difficile à traduire, surtout de par son style
bien particulier, et où de l'autre "l'on" aimerait autant économiser
sur la traduction. Une
première proposition à 100 FF (!) le feuillet ne fait vraiment pas mon affaire
puisque je comptais bien demander 10 FF de plus que lors de mes derniers
travaux, rétribués à 120 FF le feuillet. Il me semblait que sept années
d'expérience, quelques critiques élogieuses dans Le Monde ou ailleurs, une bourse CNL et même un prix RFI (en tant
que nouvelliste) valaient bien cela. La charmante personne chargée des
traductions dans cette vénérable maison est d'accord. Et elle entend bien
faire comprendre aux instances supérieures que si elles souhaitent des
traductions de meilleure qualité que d'ordinaire, et donc des traducteurs d'un
calibre supérieur, il serait peut-être logique de rémunérer ces derniers en
fonction. C'est
ainsi que nous arrivons au royal compromis de... 110 FF le feuillet !
Certes j'ai gagné 10 FF sur la proposition initiale, que j'ai donc bien fait de
contester, mais perdu 10 FF (et plus) par rapport à mon dernier travail. En
clair cela veut aussi dire que je n'ai pas été augmentée une seule fois en
trois ans, alors que le coût de la vie, lui... Qui
plus est les termes du contrat spécifient un paiement d'un tiers à la
signature, un second à l'acceptation et le solde à la publication. D'ordinaire
je conteste mais là j'avais, financièrement parlant et une fois de trop, le
couteau sur la gorge J'accepte donc ces termes à contre cœur connaissant les
mises en garde de l'ATLF sur le sujet. Et je les accepte uniquement parce que la
dernière clause est assortie d'un délai maximum de quelques mois pour les deux
derniers paiements. La publication m'ayant été assurée pour juin '97,
je ne suis pas inquiète outre mesure. Octobre
'96 Je ne me mets au travail
qu'une fois le contrat signé et contresigné, on ne sait jamais. Même si j'ai
peu d'argent j'ai encore moins les moyens de travailler à perte. La date butoir
est fin février '97, un délai imposé
étant donné les impératifs de publication. Ces six mois me semblent suffire
pour un premier travail correct. Qui
plus est j'ai un cruel besoin de toucher le second tiers au plus vite. Je laisse
l'amour de l'art aux traducteurs à temps perdu, ceux qui trouvent ailleurs de
quoi alimenter régulièrement leur
compte en banque et qui - souvent, et en toute innocence -
cassent le marché. Dans
la foulée j'ai une pensée émue pour mon «maître» en traduction, Claude
Richard de Montpellier III, qui m'avait assuré en '81 lors de ma maîtrise -
une traduction de Grace Paley - "qu'il ne fallait pas compter gagner sa vie
avec la traduction littéraire, ma pauvre Edith !" C'est
sûrement pour me le prouver qu'il a fait publier mon mémoire à son nom... Contrairement
à ses prédictions - il est vrai qu'à l'époque on rétribuait à 50 FF le
feuillet - je la gagne, avec par-ci
par-là des compléments rédactionnels sous forme de scénarii, contes pour
enfants, guides de voyages et autres textes personnels, mais à quel prix (si je
puis dire). Novembre
et décembre '96 me voient
entrer dans un drôle d'état, que je ne serais pas loin de qualifier de
"transes" tant l'atmosphère lourde et sensuelle de cette traduction
me monte à la tête et agite mes sens d'un bel émoi. Au
dehors il pleut il vente - ainsi en va-t-il souvent de tout automne bruxellois -
mais entre les lignes la chaleur estivale est à son comble et le contact répété
avec un Richard de papier au physique avantageux de bûcheron bien dégrossi
pousse mon imaginaire dans ses plus innommables retranchements. D'autant plus
que l'auteur nous fait languir, la coquine, et que le désir n'en finit pas de
traîner. Pourquoi
un tel homme dans cette traduction et rien au masculin dans ma vie du moment
assombrie par cette pluie, ce vent, et tourmentée à présent, mon Dieu oui,
tourmentée, par notre vigoureux héros
? Pour un peu j'écrirais à l’auteur pour lui demander les coordonnées de
l'original au cas où il y en aurait un. Je
me trouve ridicule, faut-il le préciser. Janvier
'97 voit, extraordinaire coïncidence,
l'avènement de mon fantasme papivore sous les traits d'un chanteur d'opéra bâti
comme un Dieu et qui, mieux encore, s'écroule à mes pieds pour me déclarer sa
flamme. Un bref instant je pense aux extrêmes auxquels la littérature toujours
me mènera et me dis que ce sont après tout les risques du métier, plutôt agréables
à ce stade-ci vous en conviendrez. Je me dis aussi que ma conscience
professionnelle - consistant en l'occurrence à me glisser dans l'atmosphère
d'une traduction avec un perfectionnisme rare, vous l’avouerez - un jour me
perdra mais qu'importe. J'étais
évidemment loin d'imaginer que les rivages convoités par ledit monsieur
s'apparentaient davantage à ceux du Marquis de Sade... C'est quand il m'a
demandé - en anglais if you please
! Ca sert parfois, d'être traductrice - d'être sa maman et de le tuer ("I
want you to be my mommy, I want you to kill me", en anglais dans le
texte) que j'ai compris que cette histoire n'allait pas vraiment dans le sens
voulu et plus du tout du tout dans celui de mon travail. Trêve
d’égarements, donc. Quelques
tranquillisants plus tard afin de me remettre du choc - et non sans avoir songé
quelque temps à me reconvertir en Maîtresse Cruella, ce sera toujours mieux
payé qu'une traduction chez X ou ailleurs - je me replonge timidement dans des
pages oh combien sulfureuses. Les héros ont fini par consommer, ce qui me
procure un infini ravissement vous vous en doutez, et soulage quelque peu la
tension qui m'avait conduite à ce regrettable écart.
Fin
février '97 sonne l'heure
de la fatidique remise du manuscrit, remise que je parviens à honorer en dépit
de mes émois, ce dont je ne suis pas peu fière. Donc
quand elle le pourra, la Très Grande Responsable relira. En attendant que l'on
nomme une remplaçante à ma première interlocutrice. J'assume, puisque le
contrat ne me laisse pas le choix, et emprunte de quoi vivoter puisqu'il faut
bien vivre, parfois. Je
leur précise en chemin que le manuscrit remis l'a été pour respecter les délais
mais qu'il constitue davantage pour moi une "proposition" qu'un
travail fini puisque le court délai n'autorisait pas le temps nécessaire à
une décantation-maturation suivie des inévitables relectures. Je précise
aussi que j'ai pris l'habitude avec les plus pointilleux de mes éditeurs de
revoir le texte point litigieux par point litigieux "à froid", et de
réécrire la totalité en fonction de leurs remarques. C’est vrai, je
reconnais ne pas être la championne du premier jet parfait. Mars
'97 Et je reçois, des
semaines plus tard, les commentaires téléphonés et plutôt secs de La Très
Grande Responsable ou Deuxième Lectrice,
m'informant qu'il y a plein de choses à revoir (on s'en serait douté - voir
supra), qu'il n'est pas question d'accepter le manuscrit tel quel (on s'en
serait douté aussi, revoir supra), le tout suivi d'un renvoi du manuscrit
corrigé par... une troisième personne,
de sexe masculin celle-là. C'est tout à fait vrai qu'il y avait des choses à
revoir (rerevoir supra) mais j'ai connu des éditeurs plus fins psychologues
quant à l'art et la manière de l'annoncer et de motiver leurs troupes. Avril
'97 On ne peut plus échaudée
par l'expérience, et l'état en conséquence de mes finances, je lance une
dernière tentative de réconciliation avec la traduction en postulant auprès
du CNL pour une bourse d'encouragement de FF 80.000. J'avais déjà obtenu un crédit
de recherches quatre années auparavant et étais d'autant plus motivée que
j'avais lu, dans une publication de l’ATLF, que ces bourses risquaient d'être
transformées sous peu. Ma
lettre a dû rester dans les annales puisque je les y informais que si, en dépit
de mon solide dossier de presse plus CV, ils estimaient normal que faute
d’argent je finisse en dame pipi chez Mac Do ou chaisière au Luxembourg,
alors il ne leur était pas nécessaire de m'octroyer la bourse que je
sollicitais de leur bienveillance... Juin
'97 Forte d'une douzaine de
traductions je savais mon dossier solide, et celui de la concurrence aussi.
C'est donc avec soulagement et émotion (j'en ai pleuré !) que j'ai accueilli
la nouvelle (tout officieuse) de l'attribution qui m'avait été faite par le
CNL de la bourse d'encouragement demandée. Grâce au soutien entre autres, me
dit-on toujours officieusement, du Président de Commission (que je ne saurai
jamais assez remercier), ce en vertu de ma détresse financière de l’époque
autant que des qualités que l'on a eu l'amabilité de bien vouloir détecter
dans ma candidature. Au
moment où j'ai appris l'heureuse nouvelle je n'avais bien évidemment plus en
main l'avance consentie à la signature du contrat de la maison X, et il ne me
restait pour vivre que de vagues droits d'auteur afférent à un travail télévisé.
Et des dettes, encore des dettes, que j'essayais vainement d'éponger avec un
travail d'assistante de production sous payé. Soit
dit en passant, c'est avec ce même genre d'emploi accepté au vol pour résoudre
ce même genre de problème que j'avais déjà dû annuler par deux fois mon séjour
au CITL d'Arles, annulation qu'à ce jour Jacques Thiriot ne m'a toujours pas
pardonnée je le crains. Personnellement j’aurais, et de loin, préféré une
résidence à l'obligation vitale
de travailler hors traduction pour boucler l'année… Eté
'97 Faut-il le préciser,
j'ai passé l'été à craindre que la bourse CNL ne me soit pas confirmée
officiellement. Puis une fois qu'elle l'a été à craindre que, pour une raison
x, son montant ne me soit pas versé en septembre, des fois qu’ils se rétracteraient.
Afin d'économiser mes dettes (...) j'ai passé l'été chez mes parents -
charmante alternative lorsque l'on a près de 40 ans - à revoir ma traduction
qu'il ne faudrait tout de même pas perdre de vue sinon vous m'en voudriez. Notons
que la date prévue pour la publication (juin '97) est d'ores et déjà dépassée
et que bon... Donc
je prends bonne note des remarques du troisième
correcteur, agrémentées des lignes directrices et téléphonées de La Très
Grande Responsable, alias la deuxième
relectrice, afin de reprendre ma traduction depuis le début. Le problème c'est
que, si je dois reconnaître le bien fondé de certaines de leurs remarques, il
y en a d'autres sur lesquelles je ne suis absolument
pas d'accord et qui dénotent en plus que ma traduction n'a pas été relue
avec le texte anglais à côté. Je peste je rage je m'emporte, mais je corrige,
puisqu'on me l'a ordonné sous peine de ne jamais me payer. Tout en me disant
que si le CNL m'a octroyé cette bourse sur base de mon dossier et
des 30 premières pages de cette même traduction, ça ne peut tout de même pas
être aussi mauvais qu'ils le prétendent. Septembre
'97 Nous voici donc 1 an (!)
après le début des travaux et je renvoie mon manuscrit dûment corrigé à La
Très Grande Responsable. Puis
j'attends. J'attends
quelques semaines sans savoir si mon manuscrit est bien arrivé, ni ce que l'on
en fait : des boulettes, du papier brouillon, des bateaux en papier ? Et
je reçois enfin un coup de fil. Mais
pas de La Très Grande Responsable,
toujours en place ; ni du troisième relecteur masculin égaré Dieu seul sait où
; pas davantage de ma première et charmante lectrice qui aurait retrouvé son
poste (on peut rêver). Non,
je reçois un coup de fil d'une nouvelle
collaboratrice, quatrième du nom en
ce qui me concerne, avec laquelle j'espère bien rester en contact jusqu'à la
fin de mon calvaire tant elle m'est sympathique, et humaine celle-là. Le
croirez-vous, elle a bien reçu mon manuscrit révisé que lui a passé La Très
Grande Responsable, l'a trouvé plutôt bien dans l'ensemble (voilà qui est
fort aimable. Pourquoi ce métier me donne-t'il parfois l'impression de régresser
au cours élémentaire ? ) mais, mais, elle aurait nombre de "petites"
remarques à me faire. Elle va donc me renvoyer le manuscrit pour que j'en
prenne note, après quoi l'on pourra discuter. J'attends. On
finit par s'y habituer. J'attends
encore et je reçois ledit manuscrit, que je commence à haïr sérieusement, et
le parcours avec toute la fébrilité que l'on imagine. Et
là, quelle n'est pas ma surprise de constater qu'elle a tiqué sur tous
les points que j'avais révisés à contrecœur. Non seulement ça mais les
propositions qu'elle me fait sont en tout point semblables à mon
texte de départ ! Si je le pouvais j'en avalerais mon traitement de texte. A
défaut je referme le manuscrit d'un geste rageur, prends mon téléphone et
m'en vais expliquer à la jeune demoiselle les faits, et aussi que toute cette
histoire commence à bien faire. Mon
système nerveux hésite entre autodestruction et cocktails Molotov. J'ai
droit à ses excuses (elle est nouvelle, ça lui passera), à l'assurance que
non, elle ne devrait pas être remplacée dans un avenir proche, et que oui,
elle et moi sommes bien d'accord sur les points litigieux, oui elle me l'assure
elle est bien le dernier maillon de cette infernale chaîne et oui, c'est sûr,
ceci sera ma dernière relecture craché juré, oui oui c'est à elle
qu'appartient la décision finale. Bon. Une
dernière fois je m'exécute, en me promettant de ne plus jamais retravailler pour cet éditeur fantasque et
parcimonieux s'il en est, qui m'aura chèrement fait payer les 10 malheureux
francs supplémentaires par feuillet que j'avais eu l'outrecuidance de lui
demander. Certes
j'accuse, après son accord, réception de mon deuxième tiers dû à
l’acceptation, mais l'on ne peut pas dire que je le fasse la gratitude au
ventre étant donné le retard de... 9 mois comme c'est touchant. Novembre
- décembre '97 Le
croirez-vous, j'ai les épreuves entre les mains à corriger. Ce en quoi je
m'estime plus heureuse qu'une collègue travaillant pour un petit éditeur débordé
et qui n'en a jamais vu la couleur, le correcteur maison faisant, selon cet éditeur,
tout à fait l'affaire ! Donc
je corrige mes épreuves. Et
note bien en évidence, non sans en avoir averti au préalable la typographe
responsable, mes remerciements au CNL et au Président de la Commission sans qui
je n'aurais même plus d'ordinateur sur lequel écrire ces lignes aujourd'hui.
C'est comme la fin d'un long cauchemar, un réveil en terre amie. Avec en parallèle
la publication confirmée de mon premier conte pour enfants (Au
Pays des rois) chez Nathan, j'atteins presque les sommets de la félicité... Janvier
'98, quelque 18 mois (!) après
la date initialement prévue pour la publication du livre, le voici qui sort
enfin et mon solde avec. Et
j'attends. J'attends. Les
dix malheureux exemplaires que l'on daignera bien m'envoyer. Sauf
qu'on ne me les envoie pas. Par
une amie qui aura vu le livre avant moi en librairie j'apprends que le titre prévu
- pour lequel je n'ai jamais
été consultée mais que j'avais déjà inscrit sur mon CV - a été
remplacé par un autre, tout de même mieux, pour lequel je n'ai pas été
davantage consultée. Je vais donc devoir modifier mon CV. C'est
par la presse que j'apprends que l'on en pense du bien. Le contraire aurait
aussi bien pu arriver, au point où l'on en était. Grâce au seul magazine Elle,
honneur lui soit rendu, j'ai confirmation que je suis bien l'auteur de la
traduction, les autres revues l'ayant royalement ignoré... On
dirait que mon éditeur aussi puisque avec tout ça je n'ai toujours pas reçu
mes 10 exemplaires. De
guerre lasse - cela fait maintenant près d'un mois que le livre est sorti en
librairie - je pars l'acheter… un comble ! Et
je découvre d'abord que la quatrième a été changée sans me consulter (passe encore, je ne suis pas la reine des quatrièmes),
pour être remplacée par un résumé précis de l'histoire. Si j’en crois la presse cela semble avoir déjà
fait le bonheur de plus d'un chroniqueur pressé. Mais cela gâchera à tout
jamais le suspense du lecteur moyen en lui révélant la chute d'un roman dont tout
l'intérêt, justement, réside dans ledit suspense ! Je
remarque ensuite qu'il n'est fait mention nulle
part de mes remerciements au CNL et au Président et là je bous littéralement.
D’abord parce qu'on m'avait assuré
que ce serait fait, ensuite parce qu'il traîne dans le livre des tas de
feuillets vierges où l'on aurait très bien pu l'imprimer. Si
l'on avait voulu s'en donner la peine. Ma
seule consolation est que la couverture est jolie. Mai
'98 Depuis février le
paquet est bel et bien là, tous frais
supplémentaires payés par moi. Par
mesure de protestation je l'ai remisé, écœurée, dans un coin sans même
l'ouvrir. Il
y est toujours et y restera. Clos.
Comme
un vilain rêve à oublier.
|