Les Escalators
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Sortie le 26 septembre 2001

Illustrations d'Ivan Sigg

 

LES ESCALATORS, J’ADORE !

 

Pour Chloé, Zack et Dylan

aussi Alexandra, Alice, Amr, Aya, Léo, Marilou & Philippine

 

 

 

Quand je vais en ville avec papa ou maman, moi ce que je préfère, c’est les escaliers roulants !

Les escalators, je les adore !

 

C’est fou, il y en a partout : dans le métro, sous la gare, et dans tout plein de magasins. Les escaliers mécaniques, c’est magique ! Dessus on monte à cloche-pied en chantant, ou bien on descend en sautillant. On fait un peu peur aux parents, c’est écroulant.

 

On peut glisser sur la rampe en caoutchouc vers le bas, c’est sympa. On peut aussi se hisser vers le haut, c’est rigolo.

Parfois, je descends sur l’escalier qui monte, ou alors je monte sur l’escalier qui descend. Mais là, papa et maman ne sont vraiment pas contents… Il paraît que je risque de renverser les gens.

C’est ça, pourtant, qui serait marrant !

 

Souvent j’ai peur de la loupiote verte qui clignote en-dessous, peur que mon pied se coince quand la dernière marche disparaît on ne sait où, peur d’être avalé tout entier dans cet énorme gosier.

Parce qu’on risque d’être aplati comme une crêpe chantilly si on ne bondit pas comme un ouistiti !

Aussi d’être gobé en une seule bouchée par les escalions affamés qui y cachent le bout de leur nez…

 

Dans le ventre des escaliers roulants, il y a aussi des toucambouis qui tachent, des cobra-outchouc, des tapirs-roulants, des cormorampes et des escalatozaures Rex menaçants.

Ecoutez bien, et vous les entendrez rugir ou grincer, sûrement !

 

Peut-être aussi qu’il y a d’autres escaliers derrière les escaliers roulants ?

D’autres pays, d’autres villes, d’autres copains, d’autres parents…

Tout un monde à l’envers avec ses escalaterres…

 

Mon copain Alex Allier m’a dit qu’on lui avait dit que dedans il y avait des auto-tamponneuses, l’homme le plus fort du monde, de la barbe à papa, des magiciens, tout plein de ballons et puis des cerfs-volant.

Il m’a dit aussi qu’on n’y allait pas à l’école et qu’on ne s’y brossait jamais les dents. Mais je ne sais pas si c’est vrai de vrai. Alex, il ment souvent.

 

Pour connaître la vérité, il faudrait pouvoir entrer dedans et ressortir presqu’aussi vite. Ou alors glisser juste un oeil, une main, une oreille...

 

Ce dont je suis sûr en tout cas, c’est qu’en Amérique il y en a des tas, et qu’ils ont des escaliers mécaniques qui vont jusqu’à la lune ! Même qu’un jour, les Martiens en dévaleront un !

 

Vous riez ? Mais vous le savez, vous, qui fait tourner les escaliers ?

 

Une escalomobile survoltée ?

Un cheval de trait ?

Un costaud sur son VTT ?

Ou bien un escargot surdoué ?

 

Tout ce que je sais, moi, c’est que les escaliers roulants, je trouve ça géant !

Même qu’un jour, quand je serai plus grand, je deviendrai escaladeur d’escaliers, un explorateur de tous leurs secrets.

Mais d’ici là, j’ai bien encore le temps de rêver !

 

 

(c) 1996 - Edith Soonckindt - Bruxelles